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Le Raid Latécoère-Aéropostale
en Patagonie

J+9 à fin : Esquel, Neuquen et Moron

La Ligne en 2018

Anecdote de Jean-Louis Gross, un participant au Raid Latécoère-Aéropostale en Patagonie – édition 2018.

« J’ai eu la chance de faire le raid le long la Cordillère, à partir d’Ushuaïa, en mars 2018. Décision prise en une demi-heure entre 23h30 et minuit, suite à un désistement. Cela n’avait rien de raisonnable et c’était quasiment irréalisable pour moi; et pourtant !« 

Le 16/11/2021

A la lecture des nouvelles du raid, je ne résiste pas à une petite anecdote.

Nous étions en route entre Mendoza et Buenos Aires, vol inoubliable, comme les autres. Le survol n’est pas celui de la Patagonie, plus au sud, mais plutôt un mélange de zones arides et de zones cultivées et fertiles, avec même un petit massif montagneux (un peu comme les Vosges), une « Sierra« . Au bord de cette Sierra, un lac et au tiers de ce lac, un gigantesque jet d’eau ; nous nous serions cru au-dessus du lac Léman, s’il y avait eu une grande ville et un aéroport interna­tional.

Au bord de cette Sierra, un lac et au tiers de ce lac, un gigantesque jet d’eau – Photo de Jean-Louis Gross

Peu de temps après, nous devions faire une escale sur un terrain qui ouvrait à 15h30 et sur lequel nous pouvions refueler.

Pour attendre, nous nous sommes donc posés à proximité, vers onze heures, à Rio Cuarto, un petit terrain en herbe au milieu de nulle part. Nous avons eu un peu de mal à trouver quelqu’un dans les hangars autour du parking. J’avais envie d’avoir un tampon de terrain sur mon carnet de vol, et nous aurions aimé avoir un peu d’essence par sécurité avant de repartir, vers le terrain prévu pour 15h30.

Rien ne semblait simple et la personne que nous avons trouvée dans un petit bureau nous a juste proposé 20 litres d’essence par avion, sans plus. Pour le tampon, il m’a adressé au chef pilote, en me montrant un groupe de pilotes sur le bord de la piste affairé autour de deux planeurs.

Avec mon carnet de vol, je me dirige vers eux, et commence dans un anglais approximatif à expliquer ce dont nous avons besoin.

A un certain moment, je vois le chef pilote fixer mon tee-shirt de Raid Latécoère-Aéropostale, s’arrêter et me demander d’où nous venons. Je lui explique que nous venons de Mendoza, après avoir longé la Cordillère des Andes et traversé la Terre de Feu depuis Ushuaïa. Et ceci après être venus de France en avion de ligne…. Silence, puis tout s’agite…

Sourire, photo de groupe, et décision arbitraire du chef-pilote : ASADO !

Les pilotes de Rio Cuarto, lorsqu’ils ont compris d’où nous venions – Photo de Jean-Louis Gross

Bien sûr, plus question de rationner l’essence. Nous négocions que nous devons impérativement redécoller à 15h. Mais l’Argentine est un pays où rien n’est impossible. Nous voilà entrainés dans un complexe multisport, sur une vaste étendue herbue et boisée où différents stades, cours de tennis, piscine se côtoient en partageant des équipements de convivialité, soit principalement un vaste barbecue.

Sans que nous ne voyions rien venir, de la viande débarque et saute sur un grill rapidement allumé. Nous partageons cet ASADO avec des amis, inconnus quelques minutes auparavant, le tout arrosé de soda et de coca, sans aucun alcool.

Si physiquement, nous repartîmes vers 15h15 (ce qui est un exploit) mon cœur et ma tête sont toujours auprès de ce barbecue improvisé et de cet accueil chaleureux et inattendu….

La suite de la journée, et les suivantes me sont aussi inoubliables et tellement riches de petites anecdotes, cela explique en partie mon attachement à ce Raid Latécoère-Aéropostale.

Amicalement,
Jean-Louis Gross

Au dessus du bleu intense du Lac Argentina, la Cordillère s’enfonce dans le lac, en laissant la place au jaune intense du désert de Patagonie – Photo de Jean-Louis Gross

La « Ligne » aujourd’hui

Mercredi matin, le Raid Latécoère-Aéropostale a décollé de l’aérodrome d’El Calafate aux alentours de 9h00, avec un fort vent d’Ouest.

Si l’archipel de Terre de Feu est réputé pour son climat hostile, et notamment pour ses vents d’une rare violence, le Raid Latécoère-Aéropostale a été surpris en croisière par des ascendances et descendances au milieu de la steppe argentine allant jusqu’à 1000 ft/min au variomètre.

Départ d’Ushuaïa – Photo de Jean-Louis Gross

L’étape à rejoindre depuis El Calafate est l’aéroport de Bariloche. Malheureusement, l’équipe a du se dérouter vers le terrain d’Esquel, en raison d’une nouvelle restriction sur la nuitée et le stationnement sur l’aéroport de Bariloche.

Carlos Rendo, notre coordinateur argentin présent sur place, nous raconte :

« Après avoir fait le plein à Perito Moreno, deux avions décollent, mais le troisième, le C182, n’est pas en mesure de le faire. Les deux avions déjà en vol retournent alors se poser sur la piste en gravier de Perito Moreno.

Le démarrage à l’allumage du moteur ne fonctionne pas. Avec l’aide importante de Christian de Vries, ingénieur aéronautique, nous avons pu réparer temporairement la panne.
Au moment de redéposer les plans de vol, il nous est annoncé que l’aéroclub de Bariloche vient de fermer ! Nous décidons alors de reprendre l’avion pour le terrain d’Esquel et d’y passer la nuit.

Réparation de la panne du C182

Pour cela, Cristian Sosa, un des instructeurs argentins, gère rapidement tous les permis nécessaires, car l’aéroport dispose d’horaires limités et il a fallu demander une extension d’horaire. Enfin, tous les avions repartent en direction d’Esquel.

Toute cette opération avec des vents de 25-35 kt.

Le raid a été mis à l’épreuve une fois de plus. Et encore une fois, avec la collaboration de tous les participants, il a été possible de continuer. Nous allons passer la nuit à Esquel.
L’escale de Bariloche ne sera pas possible, car l’aéroclub est fermé et l’aéroport n’autorise pas les nuitées. Prochaine étape, nous irons à San Martin des Andes, en remplacement de Bariloche
« .

Entre El Calafate et Esquel

Le lendemain, Le Raid Latécoère-Aéropostale met le cap pour San Martin des Andes.

Carlos Rendo nous raconte :

« Nous avons failli ne pas avoir d’hôtel car lundi est un jour férié, c’est un long week-end et la ville est au complet en raison d’une course de vélo… Finalement, nous avons réussi à trouver une place dans deux hôtels modestes, 7 personnes ont séjourné dans un et deux dans un autre. Les hôtels ne sont pas très confortables, mais c’est la seule chose que nous avons trouvé.

Entre Esquel et Moron

La prochaine étape est Santa Rosa. Généralement, une ville sans problème de logement. Mais cette fois-ci, à cause d’une course automobile, c’est absolument complet, il n’y a plus de logement disponible. Nous cherchons alors une alternative dans la ville voisine. Elle est également complète. C’est pourquoi nous avons décidé que demain nous passerons la nuit à Neuquen, une ville initialement prévue comme arrêt de carburant uniquement. Mais lorsque nous avons fait la demande de permis de stationnement pour la nuit, l’aéroport nous a donné une autorisation pour un seul avion… J’ai pu réserver un hôtel à Neuquen, je n’ai maintenant besoin que d’une autorisation pour laisser les avions à l’aéroclub. J’ai un ami là-bas, nous allons voir« .

Entre Esquel et Moron

Après ces derniers jours riches d’expériences et d’émotions, le Raid Latécoère-Aéropostale est arrivé à bon port à l’aérodrome de Moron, dernière étape de cette folle aventure en Patagonie et Cordillère des Andes.

Arrivée à Moron, étape de fin de parcours du Raid Latécoère-Aéropostale en Patagonie

Cette Quotidienne du Raid était la dernière de la série. Le Raid Latécoère-Aéropostale touche à sa fin, il fera son grand retour en février prochain.

En espérant que ce nouveau format vous ait plu.

Hasta Pronto !
L’équipe du Raid Latécoère-Aéropostale